Reconnaissance du handicap au Japon et pratique de l’ergothérapie

Le handicap au Japon

Le Japon est un pays ambigu sur la reconnaissance du handicap. Même si beaucoup de chose sont faite quant à l’accessibilité des transports et des lieux publiques, l’accès au travail pour les personnes en situation de handicap reste difficile.

Un pays accessible

Accessibilité des stations :

La majorité des transports en commun sont accessibles au Japon : bus, métro, train, toutes les stations sont munies d’ascenseurs et de chemin de guidage pour aveugles. Cependant, les chemins ne sont pas toujours prévu de façon cohérente, ainsi il n’est pas rare de devoir sortir du système de transport et de devoir traverser une rue ou faire une partie de son chemin sur le trottoir lorsqu’on veut faire un changement entre 2 lignes. Cela est dû au fait que 3 compagnies différentes gèrent les transports dans Tokyo. Malgré le flechage au sein des stations, le chemin se retrouve donc parfois complexe et il faut bien connaitre les stations et le réseau pour pouvoir l’utiliser.

Chaque ligne de bus/métro/train est différenciée par une ou deux lettres et un code couleur, permettant de la reconnaitre plus facilement. Chaque station est également numérotée pour permettre une meilleure lisibilité. Ainsi, sans connaitre la langue et sans savoir lire le japonais, on peut se repérer plus facilement au sein du réseau.

Pour rentrer dans le circuit, des portillons élargis sont disponibles dans chaque station permettant le passage aisé des personnes en fauteuil roulant.

Pour les malvoyants, les annonces orales dans les stations et dans les trains/bus sont systématiques. Elles indiquent : l’arrivée imminente des trains et métro, le numéro de la voie, la destination, la prochaine station desservie par son nom et son numéro, la porte qui va s’ouvrir, etc.

Station de train ou l’on distingue sur les quais les guides aveugles (en jaune) et des rampes sur les escaliers à droite)

Accessibilité des transports en eux même :

Au sein des transports en eux mêmes, des places accessibles et des emplacements pour fauteuils roulants sont prévus dans chaque wagons. Des pictogrammes sur les quais indiquent leurs emplacements pour que les personnes en ayant besoin puissent anticiper leur positionnement avant même l’arrivée du train.

Accessibilité des institutions et de l’espace public

De même, les institutions publiques sont toutes munies d’ascenseur et de ligne de guidage pour aveugle. Ces lignes sont disponibles dès la rue et permettent de guider les personnes jusqu’au pôle d’accueil. A partir de la, du personnel est mis à disposition pour aider.

Des rails de guidage sont aussi installés au passage piéton et on trouve de nombreux plans inclinés pour faciliter le passage des trottoirs. Les feux sont couramment muni de guide sonore pour faciliter les traversées.

Petite échoppe avec rampe d’accès pour permettre le passage de personne en fauteuil roulant

Une intégration des personnes en situation de handicap limitée :

La prise en compte du handicap dans les écoles, les universités et les entreprises est encore faible.

Une allocation de l’état existe pour les personnes en situation de handicap et une loi a été voté en 2011 afin de lutter contre les discriminations qui leur sont faites notamment à l’embauche ou durant leur scolarité. Néanmoins, les décrets ne sont pas encore tous sortis et cette loi reste jeune et peu appliquée.

Le Japon est un pays qui se sait en retard par rapport à d’autres dans la reconnaissance des droits des personnes en situation de handicap. Bien qu’en cours de changement sur ce domaine, cela prend du temps et des efforts sont fait pour minimiser l’impact du handicap dans la vie quotidienne de ces personnes.

La prise en compte du handicap devrait se développer dans les années à venir car c’est en train de devenir un enjeu politique important en raison de l’accélération du vieillissement de la population nippone.

D’après la Japanese Association of Occupational Therapist, en 2014, on comptait 70 675 ergothérapeutes licenciés au Japon avec environ 1/3 d’hommes pour 2/3 de femmes.

Au Japon, l’ensemble des professionnels médicaux et paramédicaux fonctionnent en institution : clinique, hôpitaux ou centre spécialisé. On ne trouve que très peu de professionnels libéraux.

Les ergothérapeutes ne dérogent pas à cette règle. En effet, toujours d’après la Japanese Association of Occupational Therapist, le travail clinique des ergothérapeutes représente 83% des emplois dont 53% ]dans les centres de soins et 12% dans les organismes de l’état. Le 2eme employeur est l’éducation qui représente 3% de l’emploi des ergothérapeute.Le travail en libéral représente 2% de l’activité.

Il existe 4 types de spécialité au Japon :

  • les handicaps physiques qui représentent 59% des emplois des ergothérapeutes japonais,
  • les troubles séniles 14% des emplois,
  • les troubles mentaux avec 14% des emplois,
  • les troubles du développement 1%


Le diplôme d’ergothérapeute Japonais s’acquiert de 2 façons : soit par un cursus classique via une université publique ou privée : il en existe 74 au Japon ou par une école professionnelle : il en existe 108. Le cursus est de 3 ans d’étude que l’on peut compléter par un master en ergothérapie d’1 an. L’obtention du diplôme se fait par un examen national qui permet ensuite l’acquisition de la licence d’ergothérapeute.

Reconnaissance d’un diplôme d’ergothérapeute étranger au Japon

En me renseignant auprès de la JAOT, il m’a été répondu que pour travailler au Japon, il fallait faire reconnaitre son diplôme. Cela se fait par une étude de dossier pour lequel il faut fournir :

  • une lettre de demande de certification de reconnaissance du diplôme,
  • une certification d’admission en école d’ergothérapie et une traduction du diplôme étranger d’ergothérapie,
  • une traduction officielle présentant le programme détaillé des cours suivis lors de la formation d’ergothérapeute
  • une copie officielle traduite des bulletins scolaires d’école d’ergothérapie avec les unités de valeurs.
  • l’obtention d’un examen de niveau bilingue de langue japonaise (JLPT1),
  • 3 photos d’identité.

Une fois la remise complète du dossier, le délai de traitement de la demande est de 1,5 ans.

Il est donc difficile pour un ergothérapeute étranger de s’installer et de travailler dans une institution japonaise. Cependant, une tolérance existe au niveau du gouvernement japonais pour les ergothérapeutes étrangers souhaitant uniquement travailler en libéral auprès de la population étrangère. L’installation en libéral est possible sous validité de l’ambassade et si le visa de la personne lui permet de travailler.

L’auteur :

Je m’appelle Marie, j’ai 30 ans et je suis diplômée depuis 2009 de l’institut d’ergothérapie de Rennes. J’ai travaillé 4 ans dans un centre d’éducation motrice rattaché à un lycée d’enseignement adapté à Garches (92) puis 1 an en temps que collaboratrice libérale dans le 15eme et 7eme arrondissement de Paris.

En 2014, je me suis envolée pour Tokyo au Japon pour suivre mon mari.

 

Sources :

  • Japan Association of Occupational therapist : http://www.jaot.or.jp/

Laisser un commentaire