Ergothérapie au Japon : présentation de Marie, ergothérapeute libérale

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Marie, j’ai 30 ans et je suis diplômée depuis 2009 de l’institut d’ergothérapie de Rennes. J’ai travaillé 4 ans dans un centre d’éducation motrice rattaché à un lycée d’enseignement adapté à Garches (92) puis 1 an en temps que collaboratrice libérale dans le 15eme et 7eme arrondissement de Paris. En 2014, je me suis envolée pour Tokyo au Japon pour suivre mon mari.

Pas question pour moi de rester sans emploi dans ce nouveau pays, j’ai donc, dès la prise de décision de rechercher à savoir s’il me serait possible de travailler au Japon et sous quelles conditions.

Comment avez-vous fait pour travailler au Japon ?

Ne parlant pas japonais, il était donc hors de question pour moi de faire reconnaitre mon diplôme et de travailler en institution  au Japon (en effet, comme je l’explique dans l’article Handicap et Ergothérapie au Japon, il faut une reconnaissance de diplôme pour travailler en structure).

Une dérogation du gouvernement japonais existe pour les ergothérapeutes étrangers souhaitant monter leur activité auprès des étrangers uniquement. Pour cela il faut :

  • avoir un visa valide permettant le travail,
  • travailler son validité de son ambassade,
  • déclarer son activité auprès de l’administration et payer ses taxes.

Quelle population avez-vous pris en charge ?

J’ai monté mon activité d’ergothérapeute libérale auprès de la population francophone. Mes patients étaient âgés de 10 mois à 15 ans, avec des pathologies et des niveaux de difficultés très variables :

  • Troubles des apprentissages,
  • Infirme moteur cérébraux,
  • Troubles du secte autistique,
  • Hyperactivité,
  • Retards psychomoteurs non étiquetés
  • Pathologies dégénératives.

Cela m’a permis d’avoir un travail varié et des prises en charge très différentes les unes des autres.

Concrètement, quels ont été vos démarches d’installation ?

Mes démarches d’installation ont donc été :

  • 1) M’inscrire sur la liste de notoriété médicale de l’ambassade de France.La plupart des ambassades de France proposent une liste des professionnels francophones et/ou anglophones travaillant dans le médical ou le paramédical. L’inscription sur la liste est simple. Il suffit d’envoyer un mail de demande d’adhésion au service consulaire avec les informations que vous souhaitez voir apparaitre sur la lite (nom, prénom, langues parlées, métier, coordonnées, etc.) ainsi qu’un scan de votre diplôme et de votre CV.
  • 2) Enregistrer mon activité auprès de ma mairie.Cette démarche était nécessaire pour me mettre à jour avec l’administration. Elle est simple et facile au Japon : 1 page A4 à remplir.
  • 3) Rencontrer les professionnels du secteur: (médecin, orthophoniste, ostéopathes, psychologue, sage femme, neuro-psychologue, etc.)et des écoles françaises et internationalesafin de développer mon réseau. C’est la partie la plus agréable de l’installation. En effet, en arrivant au Japon, j’ai pris le temps d’aller rencontrer et boire un café avec les autres professionnels déjà en place pour les connaitre et connaitre leurs modalités d’exercice. Via ce biais là, j’ai pu trouver un local partagée pour exercer, avoir des notions de tarifs de séances, trouver mes premiers patients, etc.
  • 4) Créer un site internet pour être plus facilement trouvable par les gens qui ont besoin d’ergothérapie.
  • 5) Laisser mes coordonnées sur différents sites et réseaux de professionnels paramédicaux.

L’avantage du travail à l’étranger est que la communauté est toute petite, tout le monde se connait et donc quand tu rencontres une personne pour discuter, tu pars souvent avec le contact de 2 ou 3 autres personnes à voir.

Quels sont les avantages et les difficultés que vous avez eu dans votre travail d’ergothérapeute au Japon ?

Mes principales difficultés ont été :

  • de me faire connaitre. Arrivant au Japon en 2014, il n’y avait pas eu d’ergothérapeute francophone depuis 2009. Il m’a donc fallu beaucoup de temps pour arriver a trouver des patients et avoir une activité. En effet, j’ai commencé a exercé avec 2 patients par semaine. Cela m’a permit d’avoir du temps pour faire d’autres choses mais cela reste frustrant. Quand je suis partie en 2017, j’ai laissé à mon successeur, un carnet de rendez-vous avec une quinzaine de rendez-vous.
  • le manque de relation avec d’autres professionnels. Comme il est difficile d’avoir une équivalence de diplôme au Japon, la plupart des professionnels paramédicaux francophones arrivent au Japon avec des visas de 2 à 3 ans pour des suivi de conjoint. La proposition de soins change donc souvent et les métiers ne sont pas toujours bien représenté ainsi, lorsque je suis partie du Japon, il n’y avait plus d’orthophoniste depuis 9 mois. Ce changement et cette pénurie de rééducateurs entrainent des manques dans la prise en charge des patients.

En revanche, l’avantage du travail en expatriation est que je me suis retrouvée avec des familles très investies dans le suivi de la rééducation. J’ai donc pu mettre en place beaucoup de chose avec les enfants que je suivais. De même, le travail avec le corps enseignant s’est fait dans de très bonnes conditions : prêt de salle pour travailler, aménagement de l’emploi du temps, mise en place des adaptations en classe et suivi de celles-ci, etc.
Cela a faciliter au quotidien le travail avec mes patients.

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