Ergothérapie et pédiatrie : le déficit de la mémoire, quelles adaptations proposer en classe ?

table de pythagore

La mémoire est déterminante dans les processus d’apprentissage. Elle est conditionnée par des données biologiques et psychologiques. La mémoire sert à encoder, stoker et restituer les informations recueillies.

La mémoire

Les types de mémoires

On note 3 types de mémoires :

  • La mémoire à court terme : C’est une mémoire dite fragile et avec un délai de conservation des éléments limité. Elle intervient par exemple dans la répétition simple d’une phrase.
  • La mémoire de travail : Elle consiste en un maintien en mémoire active d’un certain nombre d’éléments autorisant la compréhension et/ou l’exécution d’une tâche précise. Elle intervient pour tous les canaux : verbal, auditif, kinésthésique, visuel ou visuo-spatial. Elle sert par exemple pour garder en tête les données d’un problème mathématiques jusqu’à la résolution de celui-ci.
  • La mémoire à long terme : Cette mémoire permet la conservation et la restitution des informations sans limitation de temps (de quelques minutes à toute une vie). Les souvenirs les plus récents, ayant été le moins sollicités, sont moins bien conservés. A contrario, les souvenirs les plus anciens sont les plus solides, les plus stables et les moins sensibles aux diverses pathologies. Elle sert a stoker par exemple les dates d’anniversaire, les paroles de chanson, etc.
    Les étapes de mémorisation

Les étapes clés de la mémorisation

Comme on l’a vu présedement, il existe 3 étapes de mémorisation :

  • L’encodage ou la fixation : c’est le moment où l’on enregistre l’information à retenir.
  • Le stockage : c’est le temps durant lequel l’information que l’on a enregistré est gardé en mémoire.
  • La restitution ou récupération : C’est la récupération des informations stockées auparavant.

La mémoire fonctionne comme un ordinateur. Il faut bien organiser les choses pour pouvoir récupérer facilement les informations dont on a besoin.

Chaque type de mémoire peut être touchée de façon autonome ou combinée. De même une seule des étapes de mémorisation peut être touchée ou plusieurs. Ces troubles mnésiques peuvent aussi être isolés ou bien associés à d’autres troubles cognitifs (dysphasie, dyspraxie visuo-spatiale…).
En cas d’atteinte de la mémoire à long terme, le jeune sera pénalisé pour ses connaissances didactiques et en cas d’atteinte de la mémoire à court terme ou de la mémoire de travail,le jeune sera pénalisé pour la compréhension verbale, la résolution de problème etc.

Adaptation scolaire face aux troubles mnésiques :

Quel que soit la mémoire touchée et l’étape de mémorisation perturbée, il faut :

  • Avoir conscience de l’extrême variabilité des circonstances dans lesquelles s’inscrivent les troubles de la mémoire.
  • S’assurer que le jeune ait une hygiène de vie correcte : la fatigue augmente les difficultés de mémorisation.
  • Donner des consignes courtes par oral et par écrit.
  • Mise en projet : La personne doit savoir pourquoi et pour quand elle doit mémoriser l’information.
  • Instaurer un climat bienveillant dans l’établissement pour limiter les notions de stress liés qui vont augmenter les difficultés mnésiques.
  • Ne pas mettre la personne face à son échec, la forcer à faire ce qu’elle ne peut pas faire, la culpabiliser, …

Que faire en cas de difficulté d’encodage ?

  • Forcer l’information à entrer en mémoire en la répétant dans le temps et à différents moments. Il est important de refaire les mêmes activités, à la fois pour consolider les acquis, mais aussi pour mettre ces jeunes en situation de réussite et développer leur estime de soi. La fréquence et la distance entre les répétitions dépendent de la complexité de la notion travaillée et des difficultés spécifiques de l’élève.
  • Donner des moyens de mémorisation : faciliter l’encodage de l’information grâce a des moyens mnémotechniques.
  • Donner une signification à l’information : une information parlante pour l’enfant ou avec des sentiments, des émotions etc. sera plus facile à mémoriser. Par exemple l’utilisation d’un cadre anecdotique (se référer à des événements précis intéressant le jeune, utiliser l’humour, sortir de la routine, créer la surprise…), tout cela peut favoriser l’attention et donc l’enregistrement des notions.
  • Si cela ne fonctionne pas, il faut permettre à la personne d’utiliser des outils qui vont remplacer la mémoire (table de multiplication, calculatrice, dictionnaire, etc.)
Aide mémoire par table de pythagore

Que faire en cas de difficulté de stockage ?

  • Répéter l’information régulièrement dans le temps (à différentes occasions). Il est important de refaire les mêmes activités, à la fois pour consolider les acquis, mais aussi pour mettre ces jeunes en situation de réussite et développer leur estime de soi. La fréquence et la distance entre les répétitions dépendent de la complexité de la notion travaillée et des difficultés spécifiques de l’élève.
  • Donner des moyens de consolidation (donner du sens, des moyens mémotechniques, …).
  • Créer des contrastes entre les situations d’apprentissage, aussi bien dans les notions abordées que dans les modalités de leur mise en œuvre. En effet, des notions proches abordées dans des situations d’apprentissage similaires vont favoriser les confusions.
  • La diversification ou la sélection des supports pédagogiques (auditifs, visuels, kinesthésiques avec manipulation) sera bénéfique selon les ressources de chaque jeune.
  • On doit également apprendre à l’élève des stratégies de mémorisation : associations mentales à des images, des couleurs, des lieux ; associations logiques ; associations personnelles…

Que faire en cas de difficulté de restitution ?

  • Il faut donner des indices à la personne (catégories, première lettre, moment où cela a été discuté en classe, … ).
  • Lui donner des choix de réponses, privilégier les QCM.

 

L’auteur :

Je m’appelle Marie, j’ai 30 ans et je suis diplômée depuis 2009 de l’institut d’ergothérapie de Rennes. J’ai travaillé 4 ans dans un centre d’éducation motrice rattaché à un lycée d’enseignement adapté à Garches (92) puis 1 an en temps que collaboratrice libérale dans le 15eme et 7eme arrondissement de Paris.

En 2014, je me suis envolée pour Tokyo au Japon pour suivre mon mari.

 

Edit du 7 juin 2017 :

Sources :

  • DU Réhabilitation neuropsychologique UPMC
  • Les troubles des apprentissages. Guide pour les enseignants de Emmanuelle Pelletier et Caroline Léger : www.bdaa.ca/biblio/apprenti/aqeta/taguide/taguide.pdf
  • Site web Tous à l’école : http://www.tousalecole.fr
  • Travail collectif ergothérapeutes et orthophonistes du CEM de Garches (Béatrice Détrie, Stéphanie Delon, Clémence Kouadio, Julia Vivares, Stéphanie Ascione, Véronique Cauver, Elodie Morin, Pélagie Point-Blondeau, Marie Vallantin Dulac) à destination des enseignants de l’EREA Jean Monnet.

Laisser un commentaire